Good Business, faut-il choisir entre profit et intégrité ?

 

Nous avons eu la chance d’assister à une conférence  de Roger Steare sur l’éthique des affaires organisée par Hager Forum et l'équipe Développement Durable Hager Group. Roger Steare, un autre pionnier de la philosophie d’entreprise a partagé avec nous sa vision sur l’importance grandissante de la relation entre éthique des affaires et performance économique.

 

Qui est Roger Steare ?

Expert en leadership, culture et éthique, le professeur Roger Steare  intervient auprès de grands groupes dans les secteurs de la banque, la technologie, la santé, la défense et l’ingénierie.

Roger Steare a développé un programme de gouvernance éthique qu’il a dispensé à quelque 4 000 dirigeants d’un groupe pétrolier suite à une marée noire. Il a également collaboré avec une grande banque entre 2009 et 2011. Pendant cette période, les profits de l’entreprise ont augmenté de 55%.

Pourquoi la philosophie fait-elle une incursion dans les affaires et le monde professionnel ?

La philosophie est riche de 2000 ans de réflexion sur les question de sens et de l’existence. Exister dans la philosophie grecque signifie amour, amour de la sagesse.

A première vue, on peut vraiment se demander ce que l’amour à avoir avec la vie professionnelle ni ce que la sagesse peut apporter au mondes des affaires. Mais en y regardant de plus près, on se rend compte que le monde a plus que jamais besoin de la philosophie pour sortir des impasses devant les questions de sens posées par le travail
 

Pourquoi travaillons-nous ?

Il y a 6 raisons principales pour lesquelles les individus se lèvent le matin pour aller au travail et elles ont un pouvoir d’engagement inégal :

  • Paie : facteur de motivation nécessaire mais insuffisant
  • Prestige : facteur de motivation social qui perd de son importance avec le changement des valeurs
  • Pression : facteur de motivation efficace à court terme mais qui détruit la santé et la valeur humaine
  • Purpose  ou Sens : se sentir investi d’une mission est un levier très puissant
  • Progrès : apprendre de nouvelles choses et développer ses compétences   
  • Plea ou Prétexte : capacité à rendre ludique, à s’amuser à cultiver d’autres moyens de résoudre des puzzles

L’éthique des affaires n’est pas uniquement un cadre de définitions des valeurs, principes et règles pour encadrer la prise de décisions. Le plus important dans l’éthique des affaires c’est de faire exister une culture qui permet la discussion le débat parmi les collaborateurs, une culture ou les discussions importantes ont lieu ensemble, une culture ou la parole est libérée.

Les études montrent que pour les grandes entreprises cotées, la peur est le levier culturel le plus important. La culture de la peur avec son mode opératoire “Command-and-control” annihile ce qu’il y a de plus noble en nous : l’humanité et l’amour, elle créée des dissonances cognitives chez les individus, les conduit à maltraiter le client, à sur-promettre et finit par détruire le business. La peur transforme les individus, qui se comportent comme des étrangers à eux-mêmes et qui finissent par commettre des actes dans lesquels ils ne se reconnaissent pas. Le management par la peur,  c’est la dictature dans l’entreprise.

Le monde du travail fonctionne de manière archaïque et cela contraste avec l’évolution importante de la société et des technologies.

A quoi doit ressembler une organisation éthique ?

La recherche scientifique montre que qu’une organisation éthique réunit un certain nombre de caractéristiques :

  • Une vision partagée pour rendre la vie des autres meilleure
  • Des valeurs morales qui nous guident pour prendre des décisions éthiques
  • Des règles simples et qui nous protègent
  • La démocratie de la parole

L’exemple de Black Rock est une belle illustration d’une entreprise engagée dans cette voie. C'est , pourtant un des premiers fonds financiers au monde avec 5700 milliards de dollar en gestion, et qui a compris que nous ne pouvons pas prendre des décisions pour les 3 mois à venir, que l'engagement suppose de la durabilité.

Faire cohabiter profit et éthique n’est plus une chimère. C’est l’avenir, même si pour l'instant ce sont encore trop  souvent des groupes en situation de crise à la recherche d'une renaissance morale qui osent faire le premier pas.