Avez-vous lu la confession d'un libérateur à l'usage exclusif des patrons ?

 

Il y a quelques jours, en me promenant sur amazone, je suis tombé sur une petit e-book tout à fait étonnant, plutôt drôle, parfois outrageant. Ce texte se présente comme la confession d'un dirigeant ayant libéré son entreprise il y a quelques années, et agacé par la tournure humaniste que prend le mouvement de l'entreprise libérée.

Ce mystérieux dirigeant cynique (vraisemblablement fictif) aurait décidé d'écrire ce témoignage à destination exclusive des dirigeants afin de rappeler à ces derniers que l'entreprise libérée est avant un outil visant à berner de façon très subtile les collaborateurs. En fait, l'auteur de ce texte reprend et développe (de façon assez convaincante) à travers ce témoignage fictif l'hypothèse de François Geuze selon laquelle l'entreprise libérée est un coup de com destiné à manipuler les collaborateurs tout en leur faisant croire qu'ils sont libres, et que le pouvoir leur est rendu. L'entreprise libérée est présentée comme la meilleure façon de résoudre le problème de l'engagement des collaborateurs. L'auteur pour argumenter son point de vue fait une analogie très intéressante avec l'installation définitive de la république en France en 1875. Il serait dommage de déflorer davantage le propos de l'auteur qui se lit entièrement en une petite heure pour moins d'un euro.

Quoi que l'on pense de la perspective, de certaines formules très dures à l'égard des dirigeants d'entreprises, du parfum de lutte des classes qui s'exhale à l'arrière-plan du texte, ce court témoignage a le mérite de mettre le doigt sur un certains nombre de confusions dans le discours sur l'entreprise libérée qui ne sont jamais soulignée et qui ont des conséquences pratiques, sur certaines limites actuelles de l'expérience et surtout, et cela est me semble-t-il extrême salutaire. Il propose une perspective critique là où les discours sont unanimement dithyrambiques. Je serais curieux de voir la réaction des artisans principaux du mouvement de l'entreprise libérée à ce petit texte au vitriol.

Pour aller plus loin, voici le lien vers ce texte.