Peut-on contraindre un individu à avoir des idées ou à être créatif ?

 

Quelles que soient les techniques de communication que vous utilisez (PNL, Communication bienveillante, non violente, etc.), la capacité de vos collaborateurs à penser la relation de communication dans laquelle vous êtes avec eux peut leur permettre de détruire vos efforts en arrêtant de coopérer par exemple.  Ce qui dans le cadre d'un projet de transformation : fusion, digitalisation, etc. peut induire des coûts importants bien que souvent cachés.

L'argent, la contrainte réglementaire ou autoritaire, n'achètent pas la bonne volonté ni la mise à disposition des facultés les plus hautes. Ce sont des choses qui se donnent. Elles sont gratuites, et c'est précisément pour cela qu'elles sont difficiles à obtenir. 

Pourquoi vous avez  besoin de la bonne volonté de vos collaborateurs...

Si vous considérez que la survie et la réussite de votre entreprise dépendent de plus en plus de la capacité de celle-ci à s'ouvrir au monde qui l'entoure, à se mettre à l'écoute de ses clients, prospects, partenaires, à comprendre les évolutions technologiques ou les nouveaux modèles d'affaires, etc pour imaginer des solutions nouvelles, alors votre ressource essentielle réside dans les personnes avec qui vous travaillez. Autrement dit, la réussite d'une entreprise dépend de plus en plus de sa capacité à connaître son environnement, à en comprendre ses problèmes, et à imaginer et expérimenter des solutions. La production de connaissances fiables, l'imagination et la capacité à créer des liens (réseau) sont devenues essentielles. 

Dans la mesure où l'usage de leur cerveau est plus importante que jamais, la fiabilité logique et épistémique des collaborateurs devient un enjeu essentiel? Ce sont elles qui forgent la capacité à raisonner de façon fiable et donc à coopérer efficacement.

Pour quelqu'un de fiable dans la production de connaissance, disposer d'un réseau de relations que l'on peut interroger permet de réduire les coût de production de l'information et d'accroître la profondeur des investigations ainsi que leur fiabilité : penser plus loin, mieux, plus vite,  et  à moindre coût, pour prendre de meilleures décisions.Le réseau joue un peu le rôle d'une bicyclette de l'esprit. 

La fiabilité logique et épistémique est aussi essentielle que le réseau. Une image pour illustrer ce point. Si vous n'avez pas de bonnes jambes (facultés cognitives et émotionnelles entraînées), vous n'irez  pas bien loin... même avec une bicyclette (réseau), Et si vous avez de bonnes jambes sans avoir de bicyclette, vous irez moins loin et moins vite qu'une personne disposant de mauvaises jambes mais équipée d'une bicyclette  !

Susciter ou inspirer chez vos collaborateurs la bonne volonté indispensable à la mise à disposition de leur facultés les plus hautes : raison, imagination, empathie, capacité d'étonnement et de questionnement, sens de la justice,etc devient extrêmement important. C'est la condition fondamentale pour être en capacité de produire la connaissance de l'environnement, et pour employer cette connaissance afin de trouver des solutions créant de la valeur. 

J'emploie le terme "inspirer" car la bonne volonté et l'emploi des facultés les plus hautes ne se dictent pas. Pourquoi  cela? Hé bien, c'est très simple : parce que les individus disposent d'un libre arbitre couplé avec une capacité encore mystérieuse, la conscience de soi

9 questions à se poser pour réussir à générer de la bonne volonté en entreprise

Pour parvenir à créer une organisation alimentée par la bonne volonté et dans laquelle les facultés les plus hautes sont employées, il est possible de se poser plusieurs questions. En voici quelques-unes. La liste n'est pas exhaustive : 

  1. Au nom de quoi, mes collaborateurs pourraient avoir envie de mettre leur bonne volonté et leurs facultés les plus hautes à disposition de l'action de l'entreprise ? Dans quelle mesure l'action de l'entreprise a du sens pour eux ? Quel est notre projet collectif, le problème que l'on tente de résoudre ? Et de quel regard sur le monde découle-t-il ? (autrement dit  au nom de quelle philosophie d'entreprise)
  2. Quelles sont les pollutions contre-productives que rencontrent mes collaborateurs au quotidien dans l'organisation du travail qui est la nôtre ?
  3. Est-ce que je connais les talents fondamentaux de mes collaborateurs (curiosité, intelligence émotionnelle, empathie, qualité relationnelle, compétences argumentatives, etc.) ? 
  4. Sont-ils encouragés à connaître et exploiter leurs talents ? 
  5. L'organisation rend-elle possible cette connaissance et cette exploitation ? 
  6. Existe-t-il chez mes collaborateurs une envie de mettre à disposition leurs talents ? 
  7. Quelle est notre culture épistémologique commune ? Dit autrement : qu'est-ce que connaitre pour nous ? ; Qu'est-ce que se tromper ? 
  8. Comment la construction de la connaissance est-elle organisée ? Quels sont les modes d'échanges existants pour construire cette connaissance (débat, discussion, dialogue...) ? 
  9. Mes collaborateurs disposent-ils des compétences nécessaires pour produire une connaissance fiable... ? Leurs facultés sont-elles entraînées ? 

Très souvent, les dirigeants pensent bien connaître leurs organisations, et trop souvent, ce n'est qu'au détour d'un audit qu'ils réalisent qu'ils ont besoin de mieux appréhender le fonctionnement humain de leurs structures. Quel degré de connaissance avez-vous de votre organisation et de sa capacité à générer de la bonne volonté ?