9 conditions du changement

 

La lecture  des ouvrages en sociologie des organisations, principalement les travaux de Philippe Bernoux, Michel Crozier, et François Dupuy, montrent qu'il existe des conditions essentielles du changement au sein d'une organisation. Bien évidemment, il ne s'agit pas d'une recette au sens strict du terme, mais d'un ensemble de conditions qui tendent à être présentes lorsque les transformations réussissent. 

  1. Principe d’engagement : le projet doit être fondée sur une conviction forte du dirigeant ou de l’équipe dirigeante qui fait du projet de transformation une priorité absolue.
     

  2. Pédagogie : disposer d’un projet clair, et prendre le temps de l’expliquer aux collaborateurs.
     

  3. Principe d’écoute ou de réalité : construire une connaissance de l’organisation distincte de la perception de la direction est la première condition d’une transformation réussie. Elle permet de comprendre quels problèmes rencontrent l’organisation, et d’identifier d’éventuels réserves, doutes, questions à l’égard du projet de transformation (Ce qui rend possible un dialogue quant à ses réserves, etc.).
     

  4. Principe de co-production et de coopération : il s’agit de mettre les collaborateurs en position de chercheurs afin qu’ils puissent façonner le changement et lui donner du sens : tout acteur d’un système dispose d’une marge de liberté irréductible qu’il peut mettre à disposition du projet de l’organisation ou qu’il peut utiliser pour entraver sa réussite. Donner la possibilité de façonner le changement contribue à engager plus largement les collaborateurs.
     

  5. Posture d’aide : afin de faciliter la mise en oeuvre du changement, le manager doit chercher à faciliter les choses aux acteurs du système (en éliminant les pollutions du travail).
     

  6. Pragmatisme et autocorrection, pas de table rase : vouloir rebâtir une organisation, en s’appuyant sur les collaborateurs, à partir de d’une table rase revient à discréditer radicalement la qualité de leurs pratiques (qu’ils jugent probablement en partie bonnes) tout en leur demandant d’en bâtir de nouvelles (en se servant de leur capacité de jugement).
     

  7. Prendre en compte les différentes rationalités (stratégies individuelles), et chercher à inspirer l’envie de participer aux changement plutôt que de lutter contre les résistances. Même justification que pour le point 3. Par ailleurs, lutter contre les résistances tout en promouvant l’autonomie revient à une injonction paradoxale qui risque de décrédibiliser la parole de l’initiateur du projet.
     

  8. Patience et persévérance : penser et agir dans la durée, avec le sens du détail (attention aux incohérences, notamment au niveau de la communication), et en inscrivant la transformation dans le quotidien de l’organisation (rituels, outils). C’est ainsi que les nouvelles pratiques et mentalités sont susceptibles de devenir une seconde nature.
     

  9. Expérimenter en local avant de généraliser.  

Etes-vous d'accord avec ces principes ?
N'hésitez pas à compléter cette avec votre propre expérience.